Inauguration du premier banc rouge en Belgique, dédié aux luttes des femmes -13 janvier 2025

Je suis très heureuse d’inaugurer avec vous l’installation d’un banc rouge devant notre lycée communal Roger Lallemand, même si ce banc rouge sonne comme un rappel macabre de la situation alarmante des violences faites aux femmes. En effet, les chiffres sont stupéfiants : les études montrent que la majorité des femmes ont connu des faits de violences sexuelles en Belgique : harcèlement sexuel, exhibitionnisme, voyeurisme, diffusion ou production de contenu à caractère sexuel, pornographique ou violent, discrimination fondée sur le sexe, atteinte à l’intégrité sexuelle et viol.

La dernière étude d’Amnesty International réalisée avec SOS VIOL montre qu’1 femme sur 5 est victime de viol au cours de sa vie, et qu’1 femme sur 4 subi des relations sexuelles forcées par son partenaire.

Pour rappel, les viols sont commis dans 75% des cas par une personne connue de la victime et 2/3 des viols se passent dans la sphère intrafamiliale.

Le viol, avec le féminicide, est sans conteste un des derniers reliquats de la société patriarcale fondée sur la domination. Non seulement, les femmes sont anéanties par le viol, mais en plus, le déshonneur, la culpabilisation et l’infamie sont bien souvent jetés sur les victimes. La victime se sent coupable, souillée et honteuse de n’avoir pas pu résister, elle sera jugée négativement par ses pairs, son entourage et même la société, qui a fait du viol, un véritable tabou, forçant les femmes, à se museler, devant la honte d’en être victime.

Les constats restent tout aussi pessimistes lorsqu’on découvre que la majorité des garçons (15-25 ans) interrogés par Amnesty (2019) pensent toujours qu’une fille en jupe est plutôt consentante. La culture du viol a de beaux jours, et reste omniprésente dans les médias, renforcée dans les écoles (stigmatisation et dénigrement des vêtements des étudiantes dans les règlements d’école par exemple), dans l’opinion publique et conduit à la culpabilisation des victimes. La culture du viol reste un des enjeux majeurs dans la lutte contre le patriarcat et il nous importe de sensibiliser les jeunes, de déconstruire les nombreux stéréotypes et les représentations sexistes afin d’éduquer les jeunes à envisager des relations sexuelles fondées sur le consentement et la liberté. C’est un vaste chantier dont le monde politique doit s’emparer pour mettre fin à toutes les formes de violence et d’oppression à l’égard des femmes. Mais ce chantier ne pourra aboutir sans la prise de conscience des hommes qui ne sont évidemment pas tous responsables des violences sexuelles même si dans la grande majorité des cas, les violences sont accomplies par les hommes. Les femmes ont depuis les années 70 accompli leur révolution sexuelle, aux hommes à s’emparer de cette question et à accomplir enfin leur révolution.

Nous rendons aujourd’hui hommage aux victimes mais aussi à toutes les guerrières qui se battent tous les jours pour l’émancipation et le féminisme, qu’elles en soient remerciées.

Je vous remercie, chères étudiantes, Mesdames, Messieurs, d’être à nos côtés dans ce combat difficile, exemplaire et essentiel pour l’humanité.

Je voudrais remercier tout particulièrement Constanza Lisanti qui m’a informé il y a quelques années de l’initiative du banc rouge en Italie. Je remercie Virginie et ses étudiantes pour l’atelier mené sur le thème des violences sexuelles et enfin Clara Linchamp qui a porté cet évènement à bout de bras depuis quelques semaines.

Catherine Francois

13 janvier 2026.

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